Coupe du Monde 2026 : la FIFA décide ce que vous allez manger
Au menu : des explications, des remerciements, de la nourriture officielle et un peu de local.
Avant de débuter, je vous dois quelques explications : il n’y a pas eu d’éditions de Sauce Américaine ces deux derniers weekends. Pour tout vous dire, je suis rentré en France quelques semaines pour les vacances et avec tout ça, je n’ai pas eu le temps de vous écrire. Sachez qu’en Louisiane, là où on habite, c’est déjà les grandes vacances ! Le calendrier est décalé, la rentrée se fera… le 3 août prochain. On profite de ces quelques jours pour prendre quelques kilos et s’amuser à comparer les étiquettes des produits. Il y a beaucoup moins d’additifs en France en comparaison avec les États-Unis. Voici un vrai sujet que j’évoquerai prochainement.
Après les explications, des remerciements : il y a quelques jours, j’ai eu cette notification de la part de Substack (la plateforme qui héberge cette newsletter et sauceamericaine.com ) :
D’après ce que j’en comprends, cela voudrait dire que Sauce Américaine fait partie des publications qui progressent le plus dans la catégorie News. Et ce sur toute la plateforme Substack ! Cela me paraît assez fou, j’ignore si c’est anecdotique ou pas, mais ça fait plaisir.
Merci d’être chaque semaine un peu plus nombreux à suivre ce projet. Je vais poursuivre dans cette voie. Il y aura une pause pendant les grandes vacances (françaises), je reviendrai à la rentrée avec des reportages sur le terrain, des interviews d’experts et toujours autant d’étonnement pour tenter de comprendre les États-Unis d’aujourd’hui et les Américains. Et il y a du boulot !
Mais avant cela voici un sujet à se mettre sous la dent.
Le soccer à la conquête des États-Unis
La Coupe du Monde 2026 de football est lancée. Pour surfer sur l’occasion, je me suis dit que j’allais bien trouver un chiffre fou sur la consommation de hot-dogs durant cet évènement. Le hot-dog, c’est LE sandwich des stades aux États-Unis et on est habitué aux records de consommation. Un exemple : en 2025, lors du Super Bowl (la finale du championnat de football américain), 1,47 milliard d’ailes de poulet auraient été dévorées.
Finalement, je n’ai pas trouvé de chiffre gargantuesque, mais au fil de mes lectures, j’ai découvert que ce qu’on allait manger et boire pendant cette compétition était minutieusement contrôlé. Je vous raconte.
Alors d’abord, un peu de contexte sur cette Coupe du Monde de football… ou plutôt de soccer comme on l’appelle ici. Il ne faut pas confondre avec le football américain, le sport roi avec le baseball et le basket-ball. Le soccer n’est pas un sport très populaire aux États-Unis, ou plutôt n’était pas, car les choses sont en train de changer. L’arrivée du célèbre Lionel Messi dans l’équipe de l’Inter Miami en 2023 a donné un grand coup de projecteur à ce sport. Mais c’est surtout du côté de l’équipe féminine que la popularité de ce sport s’est accentuée. Une explication serait que les hommes occupant massivement les « grands sports » (football américain, baseball, basket-ball), les femmes ont alors investi le foot. L’équipe féminine de football est d’ailleurs la plus titrée de l’histoire. Même chez nous en Louisiane, il est très courant de voir des équipes et des joueuses de football. Cela me semble plus courant qu’en France. Belle ironie que ce tournoi masculin soit organisé, en partie, dans un pays où c’est le foot féminin qui cartonne.
Pour aller plus loin sur ce sujet, je vous recommande d’aller lire l’article d’Alexis Buisson sur le sujet : « Soccer », le patriotisme américain autrement.
Une « OPA » de la FIFA sur les stades
La Coupe du Monde 2026, c’est 48 équipes, 3 pays hôtes, 104 matchs répartis dans 16 stades différents.1 Aux États-Unis, par exemple, les 11 stades sont surtout des stades de la NFL (la ligue de football américain), habitués à recevoir de grands évènements, beaucoup de public avec leurs propres services de restauration et de boissons. Pendant le Mondial, la FIFA prend le contrôle total de ce que l’on va manger et boire durant la compétition. Les opérateurs actuels et les contrats en cours sont mis en pause, la FIFA est chez elle pendant les cinq semaines. Les marques changent, le personnel reste en cuisine et c’est la Fédération internationale du foot qui décide de tout : les marques distribuées, les menus, les prix…
Là où ça devient insolite, c’est que la majorité des grands stades avaient des partenariats avec la marque de soda Pepsi. Coca-Cola étant le partenaire officiel de la FIFA. Zou, on coupe et on cache les fontaines à soda habituelles, parfois à la hâte, et on fait venir des millions de bouteilles individuelles de Coca. On repassera pour la réduction des déchets. C’est la même chose pour les bières, on cache les partenariats locaux et on importe la bière sponsor de l’évènement.
Toujours au rayon des boissons, il y a eu une belle polémique juste avant la compétition : la FIFA avait, tout début juin, interdit l’entrée dans les stades avec des bouteilles d’eau (prétextant des soucis de sécurité). La seule solution alors pour s’hydrater : acheter des bouteilles d’eau Dasani (marque très courante aux USA, propriété de Coca-Cola) à des prix allant jusqu’à 6 dollars…
Tollé. Le Premier ministre britannique Keir Starmer, Olivia Chow, la maire de Toronto ou encore le très médiatique Zohran Mamdani, maire de New York, interpellent la FIFA. Quelques jours avant le match d’ouverture, les supporters sont finalement autorisés à venir au stade avec une bouteille d’eau par personne. C’est le cas également pour le Canada. Pour le Mexique, je n’ai pas trouvé de confirmation de cette levée d’interdiction, c’est assez flou.
Le hot-dog qui fait de la résistance
La nourriture, à l’intérieur des stades, elle aussi est contrôlée par la FIFA. J’ai lu qu’il fallait débourser en moyenne aux États-Unis entre 23 et plus de 30 dollars pour un menu + une bière (au Mexique, c’est bien moins cher).
Il existe une exception dans ce système contrôlé : le hot-dog du stade d’Atlanta. Si vous suivez régulièrement Sauce Américaine, vous connaissez déjà le hot-dog à 1,5 $ de Costco. Voici celui à 2 $ du Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta. Depuis sa construction en 2017, il y a un accord entre la ville d’Atlanta et son propriétaire, Arthur Blank pour offrir de la nourriture bon marché pour conserver un aspect populaire. La FIFA n’a pas pu passer outre cette spécificité.
Si la France arrive en demi-finale, elle jouera alors dans ce stade d’Atlanta et les supporters pourront profiter d’un hot-dog à 2 $, de nachos à 3 $ et d’une bière locale à 5 $.
À côté du stade, une autre Amérique
La FIFA avait promis d’accentuer le local et le terroir lors de ce tournoi, c’est un peu le cas dans les stades, mais ça l’est surtout à l’extérieur, dans les fan zones. À Kansas City, par exemple, il y a une règle : 60 % de restaurateurs doivent être originaires du territoire. On pourra d’ailleurs y déguster une empanada « The Messi » (chorizo et fromage). À Philadelphie, 80 food trucks locaux seront présents, sans aucune chaîne nationale. À Atlanta, chaque jour de match, une rue est fermée pour pouvoir y installer des vendeurs locaux.
2 dollars ou 2 millions
Entre les prix des billets et les prix de la nourriture dans les stades, on se demande bien qui va pouvoir assister aux matchs. Bien avant le coup d’envoi, le patron de la FIFA, Gianni Infantino avait répondu aux critiques concernant le prix général des billets. Des tickets pour la finale avaient été mis en vente sur la plateforme officielle à plus de 2 millions de dollars. Il avait balayé la polémique en proposant de servir lui-même le Coca et le hot-dog. Circulez donc.
Mais finalement, ce n’est peut-être pas si grave, la solution se trouve dans les fan zones et dans les bons bars qui diffuseront les matchs. Au-delà des grandes chaînes de fast-food, il y a de vraies bonnes spécialités locales aux États-Unis, autant en profiter.
Sur la route de mes vacances américaines, je vais sûrement croiser une fan zone gourmande, je pense que j’y ferai un détour.
Il y a 16 stades : 11 aux États-Unis, 3 au Mexique et 2 au Canada.


