Oui, on peut encore aimer les États-Unis !
Au menu : 250 bougies, des visiteurs conquis et une Amérique plus aimable qu'on l'imagine.
Je n’ai décidément pas été régulier ici ces dernières semaines. Retour en France pour les vacances oblige, je n’ai pas eu beaucoup le temps (ou pris le temps) d’écrire sur l’Amérique. (Trop occupé sûrement à prendre des kilos français.)
Depuis quelques jours, nous sommes de retour en Louisiane. Pile poil pour assister aux 250 ans de la déclaration d’indépendance des États-Unis, ce 4 juillet 2026. À ce propos, je voudrais vous partager ma lecture de vacances : Le rêve américain : de la déclaration d’indépendance aux États-Unis d’aujourd’hui. Un formidable petit essai de Walter Isaacson qui nous éclaire sur la force des premiers mots de la déclaration d’indépendance qui placent d’emblée comme droits inaliénables « la vie, la liberté et la recherche du bonheur ». On y découvre l’ambition et le rêve de Thomas Jefferson ou de Benjamin Franklin, pères fondateurs de ce jeune pays. L’auteur y découpe chaque mot, chaque phrase, chaque idée pour les analyser, les décortiquer, pour y démontrer la puissance et la promesse de l’idéal américain… mais également les paradoxes de l’époque : « Tous les hommes sont créés égaux »… mais il y a toujours des esclaves. Je ne peux que vous recommander de lire ce livre court mais infiniment passionnant.
Au tout début de Sauce Américaine j’ai écrit que je voulais tenter de comprendre ce pays aussi attachant que déroutant. Après un an de vie ici, ce pays est toujours plus attachant et je m’aperçois que je ne suis pas le seul à le constater.
Dans la précédente édition, je vous ai écrit sur la Coupe du Monde 2026. À en croire les statistiques d’audience, le sujet a beaucoup plu. Alors, j’en profite pour vous proposer un petit temps additionnel de football (ou soccer).
Les États-Unis sont déjà une destination touristique importante, mais le Mondial, évènement le plus populaire au monde, apporte avec lui un flot encore plus massif de touristes et surtout de supporters (pour ceux qui ont eu la chance d’avoir un billet et un visa). Évidemment, ils partagent tout sur les réseaux. Et concernant la nourriture, c’est un flux quasi ininterrompu de la planète qui goûte l’Amérique : des Anglais qui découvrent les burgers américains, des Japonais qui s’emballent pour des barbecues XXL texans, des Norvégiens qui s’enthousiasment que l’on puisse se resservir à volonté. Et je ne vous parle pas des Écossais, des Néerlandais, des Suédois… L’engouement est vraiment massif ! J’ai vu des dizaines, si ce n’est pas des centaines, de vidéos d’affolement gastronomique. Voici un florilège :
Un étonnement cependant : j’ai beaucoup moins vu de Français partageant leurs appétits américains. Peut-être qu’il faut plus que des gros burgers et des barbecues XXL pour impressionner les tricolores ?
L’une des découvertes qui revient le plus, c’est la chaîne de stations-service texane Buc-ee’s. Si vous avez raté ça sur les réseaux, Buc-ee’s c’est d’abord un castor sympathique, mascotte des stations-service géantes, pour ne pas dire folles : plus de 100 pompes alignées. À l’intérieur on trouve TOUT à l’effigie du joyeux castor. Ce n’est rien de dire que cette enseigne est ultra-populaire ici malgré le fait qu’elle ne soit pas présente partout sur le territoire : il y en a beaucoup au Texas et le réseau se développe vers le sud et la côte est. Deux anecdotes qui en disent long. Il n’y a pas (encore) de Buc-ee’s en Louisiane, mais sur la route, on voit des panneaux publicitaires annonçant « Courage, encore 200 miles et on sera là ». Dans un an, le castor devrait ouvrir une station géante au nord de la ville de Lafayette (là où on habite) et c’est un véritable évènement.
Si ces stations sont si populaires, c’est pour les fameux sandwichs au brisket (du bœuf fumé ultra-juteux), les sandwichs au pulled pork (porc effiloché) ou encore le « mur de jerky », les viandes séchées spécialité de la marque. Moins gourmand, mais encore plus légendaire, la marque est surtout connue pour offrir aux voyageurs des toilettes à la propreté irréprochable ! Il faudra que je vous fasse un épisode du podcast sur ce sujet follement américain.
Dans toutes ces vidéos sur les réseaux, beaucoup de touristes constatent l’accueil et la gentillesse des Américains. C’est une réalité, que je remarque au quotidien. J’ai aussi vu des vidéos d’Américains enchantés (voire en pleurs) de s’apercevoir que, malgré l’actualité récente, on puisse tout de même apprécier l’Amérique. Dans sa dernière newsletter, Sarah Laurent va plus loin sur le sujet et constate qu’il y a deux visions : les « MAGA » surfent sur l’occasion pour valider la supériorité américaine. Les progressistes poussent un ouf de soulagement. Après deux années d’actualité plutôt sombre, visiter les États-Unis se révèle finalement être assez agréable. Allez lire ce papier très instructif qui dit beaucoup de la culture américaine, très étonnante pour les Européens.
On peut finalement aimer ce pays sans être aveugle à ce qu’il a de plus déroutant (pas besoin d’en faire la liste). De mon côté, ce qui m’intéresse, c’est ce qui se passe dans l’assiette : le trop gras, le trop sucré, les additifs omniprésents, l’ultra-transformation. Ces sujets, je les traiterai dans les prochaines éditions dès la rentrée en vous proposant un nouveau rythme entre le podcast, la newsletter et les articles. Je continuerai de proposer quelques infos gourmandes et croustillantes pendant l’été, mais avec un rythme moins régulier.
Avant de terminer, j’aimerais vous citer la dernière édition de Zeitgeist de Philippe Corbé : « 250 raisons de célébrer (malgré tout) l’Amérique », l’auteur liste ce qu’il aime par-dessus tout dans ce pays de contrastes et de paradoxes. J’en partage beaucoup, en voici deux que j’aime bien :
Les serveuses de diners qui vous servent un café filtre en vous appelant “sweetheart”.
Cela fait toujours quelque chose de se faire appeler « My love » en se faisant resservir un n-ième café !
Gene Kelly sous la pluie.
L’un de mes films préférés !
Allez lire cette liste, très subjective, qui donne envie d’aimer l’Amérique. Malgré l’Amérique.
Happy Birthday les États-Unis !



Merci d’avoir mentionné mon article qui couvre un peu le même phénomène ! Quand j’ai vu le titre et que j’étais mentionné je me suis demandé si j’étais peut-être un peu trop dure mais je pense qu’on a en fait le même ressenti sur le pays haha !
J'avoue que j'aimerais bien qu'en France il y ait des petits mots doux lorsque l'on nous amène le café ou des plats ! Car aujourd'hui c'est dans la plus grande indifférence que cela se fait. Attention je vais finir par vouloir constater sur place comment cela se passe aux États-Unis... Merci pour nous faire découvrir ces faces cachées